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Un critique démolit un resto parisien triplement étoilé: aussi méchant que drôle
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Un critique démolit un resto parisien triplement étoilé: aussi méchant que drôle

Jay Rayner est un critique gastronomique réputé au Royaume-Uni. Il publie son avis sur les restaurants qu’il visite sur le site du Guardian, entre autres. L’homme a démonté le restaurant étoilé de l’hôtel George V à Paris. C’est tellement méchant que ça en est drôle. Les Français, bien sûr, sont outrés. “Le Cinq est de loin la pire expérience de restaurant que j’ai subie en 18 ans de carrière”, assure Jay Rayner. Il étaye évidemment son propos.

En haut, la photo des oignons gratinés de Jay Rayner, tels qu’ils lui ont été servis. Ici, la photo du même plat, publiée sur le site du restaurant Le Cinq. Très différent, n’est-ce pas? © Le Cinq.

Il se moque d’abord de la décoration, “une salle à manger couleur taupe avec un peu de doré par-ci par là pour nous rappeler qu’il s’agit d’une pièce conçue pour des gens qui ne connaissent pas le sentiment de culpabilité. (…) Il y a un tabouret pour déposer le sac à main des femmes. Évidemment” Il note avoir reçu un menu avec les prix tandis que sa compagne a droit à une carte sans indication financière. Le message est clair: c’est monsieur qui paie. Les entrées et les plats ont des prix variant de 70 euros à 140 euros. Ce qui comprend des canapés et amuse-bouches, et notamment “une balle transparente sur une cuillère”: “Ça ressemble à un implant de poitrine en silicone pour Barbie”. “Des sphères de diverses sortes se présentent sur de nombreux plats. C’est leur truc, leur grande idée, c’est tout ce qu’ils ont.”

Vient la première entrée, un oignon gratiné “à la façon parisienne”. “On nous a dit que ça goûtait la soupe à l’oignon. Ça nous a surtout donné envie d’un bol de souper à l’oignon. C’est surtout noir, comme un cauchemar, et collant, comme le sol dans une fête d’adolescent.” Le pigeon servi en plat principal a été demandé “à point”: “Il est servi tellement rose qu’il pourrait s’envoler à nouveau avec quelques volts. Il est servi avec une poire japonaise brutalement acide et une purée de cactus sans saveur.” Enfin, il évoque le cheesecake surmonté de “choses vertes”, du persil en fait. “La serveuse me dit: n’est-ce pas génial? Non, je lui réponds. C’est l’une des pires choses que j’ai jamais mangée. Le persil est une bonne chose avec du poisson mais dans le cheesecake?” Jay note que suite à ses plaintes, ils l’ont enlevé de la facture.

Addition totale: 600 euros. “Un restaurant cher doit être bon”, explique Jay. “Celui-ci me laissera des souvenirs sombres et troublants. Si je travaille dur, avec de la chance, je pourrai peut-être l’oublier un jour.” Jay confie encore que le restaurant refuse qu’on prenne des photos de ses plats. Le critique a quand même réussi à le faire, avec son iPhone et la seule lumière disponible. Entre les photos publicitaires et les photos “réelles”, il y a en effet une différence surprenante (voir sur le côté de l’article).

Sur Twitter, assailli par les commentaires, Jay Rayner a publié une photo de son addition, avec deux infusions chargées à 30 euros et le pigeon rose à 90 euros. “Ça m’aurait coûté 630 euros avec mon horrible dessert.”

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